Une fascination étrange, miasmes de rires,
S'exerce sur mon âme: la tord, l'étire,
Vers un infini intoucheble auquel aspirent
Des êtres rampants étranges, fous, ivres de plaisirs.
D'étranges vapeurs s'élevent, brume bleutée,
Et voilent mes pupilles d'inconnues douceurs,
Révélant milles teintes étincellantes, beautés
Ensorcellantes, monstres de rires et de peurs.
Dans un ciel incolore tronent des yeux d'azur,
Ni clairs, ni indulgeants, ni doux ni purs,
Qui répendent sans vergogne rires et larmes,
Et, sans honte, retracent mes plaies parmes.
Le temps peut bien se déchirer et le ciel s'ouvrir,
Qu'importe : la vie est eternelle, tant que la conscience
Espere, rit, pleure, saigne admire et aspire.
Il faut une belle mort pour une sublime renaissance.
C'est donc sans craintes qu'un sol abominable
Se laisse fouler par le duvet d'un ange pâle,
Et ce même sol avide, arride, que le sang régale
Rêve aux aîles blanches de la créature aimable.
Il se contorsionne pour mieux la sentire,
Pics assérés de basalte: les plumes se déchirent
Et caressent le sol divin dans une chute
Infinie: chant plaintif et mélancolique de flûte.
L'ange:
"Mes âiles meurent, et le temps m'emporte,
La mer d'infini se laisse souiller par la vie rouge.
Mais vois-tu déjà que ces divines portes,
Dentelles d'extase et de sublime, s'ouvrent ?
Mon âme docile n'est pas craintive,
Mais cette chair dont elle est captive
Ne conscent nullement à son envol.
Vois-tu ? c'est mon essance sur le sol!
Il n'y a ni dieu, ni pardon,
Seule la pensée subsite,
Nichasteté ni absolution,
Seules des extases égoïstes.
Mais vois: je pars l'âme en joie,
Rêvant aux cieux encore une fois."
D'innutiles nuages s'échappent dans le vent,
Eternel et purificateur, qui, avec lui,
Charie la derniere pensée que le temps fuit.
Une âme s'éteint comme se désiste la nuit au féroce levant.
Des vapeurs étranges possedent encore
Mon triste cerveau, agitant mon corps
D'étranges sursauts de vie indésirée,
Conscience soudaine d'une âme qui vuet errer.
Mes yeux s'elevent alors vers un regard
De glace. Enfin, la lune nous sourit,
De sa bienveillance pour celui qui s'égare,
Elle enveloppe une âme qu'elle seule nourrit.
L'homme de raison est-il clément
Pour le fou éffréné, qui, desesperement
Regarde avec adoration le brasier bénit
Qui embrasse, enlace, entrave et punit ?
La Passion dévore sans crainte,
Adore sans peur, aime sans feintes.
La Folie et retorse et franche,
Fumée affreuses de plumes blanches.
*Lace-Whip*


