Ainsi la neige tombait, en ce matin naissant, sur un paysage simple de campagne, vierge d'être humains, recouvrant l'étendue de la terre, parant les brins vers de ses cristaux étincellants. Sur la blancheur inouïe de ce sol aérien aux couleurs de marbre se reflétaient les milles échos du ciel, étoiles d'argent, et une ombre pâle, acide d'un rose orangé, se répendait lentement, dansant sur la neige un toubillon rieur, pourchassant les étoiles chastes. Oui, tout était pur et beau, d'une douceur inouïe. Au fond, ce serait mentir que de clamer que l'éther divin n'avavait pas honte de la danse de ses couleurs sur ce blanc trop parfait, éclatant... Les cieux étaient au désespoir. Ils ne savaient quel comportement adopter: fallait-il essaiyer de rivaliser en beauté avec ce tapis divin, au risque de gacher sa blancheur, ou fallait-il tenter de l'imiter, au risque de ne pas laisser percevoir chacun de ses reflets ?
Le ciel est un objet très capricieux, qui aime tant être admiré qu'il se trouve changeant chaque jour.
La Pureté, elle, reste égale à elle-même.
Mais il est tellement facil de la réduire à néant. Pensez-vous, une neige pareille serait-elle capable de se révolter contre ce pied boueux qui tente d'essuiyer ses souillure sur sa peau d'albatre ?
Non, la pureté peut être anéantie de la façon la plus désinvolte qui soit. Il suffit d'un geste.
Il en va de même pour les gens à l'âme pure.
Le ciel aura alors beau pleurer, geindre, dansé, une fois souillée, la neige ne redevient plus jamais blanche.
Trop de larmes, trop de sang....Plus jamais blanche...
Et le temps passe sans qu'elle fonde

