Une ombre mouvante, vagabond des cieux.
Entre les branches d'arbres, je me vois errer, et ma peau intouchable, onde profonde et sombre, serait en fins lambaux, sur les feuilles rougeâtres, accrochées.
De l'arbre, je deviendrais l'ombre de l'oiseau, me mouvant avec grâce, planant près des cieux, collée au ras-du sol. Je serais l'oiseau, au-dessus, je serais son ombre, en-doussous, je serai le monde.
Je serai, au lever du soleil, le vide encor vierge, intouché par la marée évanescente, la pureté des ténébres.
Je serais, au crépuscule, l'ombre du voyageur solitaire, longue et unique, sepentant le sol au grès de ses pas dissipés, irréguliers.
Et quand arrivera enfin la grande et belle nuit, je me tapisserait sur la toile bleue, et j'irai y coucher, par endroits percée par le long chatoiment des étoiles, claires et fraiches. Et je dormirais près de la lune, passant parfois un bras autour de sa frêle taille. Je serai les nuages des cieux, je serai les cieux mêmes, sombres et bleus, vastes.
Il n'y aura que moi, moi et ses beautés scintillantes qui s'épancheront sur mes levres, étoiles, courtisannes de la reine.
Et la lune n'aimera que moi.
Et le jour m'exilera, jaloux, et je serais une ombre
Et j'errerai, d'arbre en oiseau, d'oiseau en insecte, d'insecte en humain.
Je souhaiterais être une ombre.